Le Ventre De Ma Mère Grossissait Et La Caméra A Tout Révélé-nga9999

Six mois après que ma mère est venue vivre chez nous pour s’occuper de ma fille, j’ai commencé à voir son ventre grossir de jour en jour.

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Et cette nuit-là, quand j’ai ouvert la caméra du babyphone, j’ai regretté de l’avoir fait.

Je m’appelle Valérie, j’ai vingt-neuf ans, et je vivais avec mon mari, André, et notre petite Camille dans un appartement simple, au troisième étage d’un immeuble où la lumière de l’escalier s’éteignait toujours trop tôt.

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La cuisine gardait l’odeur du café du matin, du lait chaud et des repas préparés trop vite.

Le parquet grinçait devant la chambre de Camille.

Le téléphone sonnait à n’importe quelle heure, parce que mon travail dans une entreprise de technologie ne s’arrêtait jamais vraiment.

Quand Camille est née, j’ai eu l’impression qu’on m’avait déposée au milieu d’une course sans ligne d’arrivée.

Il fallait répondre aux mails, préparer les biberons, lancer des lessives, faire semblant d’écouter en réunion pendant que je surveillais l’heure de la sieste.

On aurait pu payer une nounou.

André me l’avait proposé plusieurs fois.

Mais je n’arrivais pas à laisser ma fille toute la journée avec quelqu’un que je ne connaissais pas.

Pas parce que je jugeais les autres.

Parce que j’avais peur.

Alors j’ai appelé ma mère.

Elle s’appelait Roselyne.

Elle avait plus de cinquante ans, les cheveux souvent attachés à la va-vite, des mains abîmées par les années de travail et cette manière de parler doucement quand quelqu’un était fatigué.

Je lui ai demandé si elle pouvait venir quelque temps, juste le temps que je retrouve un rythme.

Elle n’a pas hésité.

— Bien sûr, ma fille. Je prends deux valises et j’arrive.

Le jour où elle a franchi notre porte, avec ses vieux sacs et son sourire fatigué, l’appartement a changé d’âme.

Le matin, il y avait du café.

Le soir, une soupe dans la casserole.

Sur l’étendoir, les bodies de Camille séchaient, puis réapparaissaient pliés dans un tiroir avec une patience que je n’avais plus.

Ma mère ne demandait rien.

Elle se levait avant tout le monde, ouvrait les volets, parlait à Camille comme si chaque babillage avait de l’importance.

Elle connaissait la chanson qui calmait ma fille, la position qui l’aidait à dormir, le petit bruit qui annonçait une colère avant même qu’elle commence.

Je rentrais parfois tard et je la trouvais à la table de la cuisine, une tasse de tisane devant elle, le dos un peu courbé, mais les yeux doux.

— Elle a bien mangé, disait-elle. Elle a ri quand j’ai fait tomber la cuillère.

Je tentais de la remercier avec des choses concrètes.

Des chaussons confortables.

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