Le Plâtre De Son Fils Cachait Un Secret Qui A Fait Taire Les Urgences-nga9999

L’odeur de pourri dans la salle de déchocage 2 était presque impossible à supporter, mais quand j’ai enfin fendu le plâtre sale et abandonné du garçon de 8 ans, ce qui est apparu dessous a fait reculer tout le service des urgences.

"
"

L’odeur avait atteint le couloir avant même que le brancard passe entièrement les portes automatiques.

Elle était sucrée, métallique, épaisse, de celles qui ne se contentent pas d’entrer dans le nez, mais qui restent sur la langue même après plusieurs gorgées d’eau.

Image

Les néons bourdonnaient au-dessus du poste infirmier, le sol sentait le désinfectant frais, et pourtant une autre odeur traversait tout cela avec une violence presque physique.

Je m’appelle docteure Sarah Martin.

Depuis huit ans, je travaille aux urgences d’un hôpital privé, dans un secteur où les parents appellent pour savoir si une radio peut être faite avant le cours de piano, où les enfants arrivent souvent enveloppés dans des manteaux trop propres pour la salle d’attente.

J’avais vu des accidents de vélo, des brûlures de cuisine, des fractures de foot, des plaies de chantier, des blessures qu’on ne raconte pas au dîner parce que personne ne veut imaginer ce que les corps peuvent devenir en quelques secondes.

Mais ce garçon-là n’est jamais sorti de ma mémoire.

Marc est arrivé le premier, presque au pas de course, une main devant la bouche.

Il avait vingt-quatre ans, des épaules d’ancien sportif et le visage gris de quelqu’un qui venait de comprendre que son premier réflexe humain allait devoir attendre derrière son devoir professionnel.

— Docteure Martin, maintenant. Pédiatrie. Huit ans. La mère parle d’une petite grippe. Pouls à 140, température 39,9, tension qui baisse. Il répond à peine.

Puis il a baissé la voix.

— C’est le bras.

Sur la fiche de triage pédiatrique, l’heure d’entrée était notée à 7 h 18.

Le bracelet d’identification portait le prénom Louis, huit ans.

Sur l’écran du scope, les chiffres montaient et chutaient avec cette froideur insupportable des machines, qui disent la catastrophe sans jamais trembler.

Claire, l’infirmière la plus expérimentée de notre secteur, avait déjà demandé les hémocultures, les prélèvements, la perfusion, l’antibiothérapie et le formulaire de signalement au service social de l’hôpital.

Elle avait aussi noté l’heure exacte de chaque geste dans le dossier médical.

Parfois, la compassion ne se montre pas en pleurant.

Elle se montre en écrivant correctement l’heure, le nom, la tension, la température, la couleur des doigts et la phrase exacte prononcée par l’adulte qui accompagne l’enfant.

Quand j’ai poussé la porte coulissante de la salle de déchocage 2, l’air m’a heurtée comme une main ouverte sur la poitrine.

Louis était allongé sur le lit, si petit sous le drap qu’il ne ressemblait pas à un enfant de huit ans.

Il avait les lèvres fendues, la peau fine et grise, les yeux ouverts sans vraiment suivre les lumières.

Son bras droit était enfermé des doigts jusqu’au-dessus du coude dans un plâtre en résine.

Ce n’était pas un plâtre d’enfant, avec un dessin maladroit, un prénom de copain, une étoile au feutre.

C’était une coque noire, sale, gonflée d’humidité, tachée en cercles bruns, avec des bords effilochés qui entraient dans la peau.

Les doigts dépassaient à peine, bleus et froids.

Quand j’ai appuyé sur l’ongle de l’index, la couleur n’est pas revenue.

— Depuis combien de temps ce plâtre est-il posé ? ai-je demandé.

Sa mère se tenait dans l’angle de la pièce, un gobelet de café en carton à la main.

Read More

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *