Le fusil orange dont un caporal s’est moqué a fait saluer une générale-nhu9999

« C’est censé être une blague ? »

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C’est comme ça que la matinée a commencé.

Pas avec mon nom.

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Pas avec ma carte d’accès.

Pas avec une question correcte posée à un homme de quatre-vingt-deux ans qui avait simplement pris place au poste douze.

Avec mon fusil.

La chaleur vibrait au-dessus de la terre claire et donnait aux cibles lointaines l’air de petites pastilles molles, prêtes à se dissoudre dans l’air.

Il y avait cette odeur de métal chauffé, de poussière sèche et de café tiède oublié près de la tour de sécurité.

Le registre visiteur était ouvert à la page du jour, et mon nom y figurait à 09 h 17, comme presque tous les mardis de beau temps.

Jean Moreau.

Accès consultant civil.

Autorisation longue distance.

Poste douze.

Ce n’était pas beaucoup, écrit comme ça.

Pourtant, à mon âge, on finit par tenir à ces petites preuves.

Un tampon.

Une signature.

Une ligne sur un registre.

Parce qu’elles évitent parfois de devoir raconter une vie entière à quelqu’un qui n’a pas encore appris à écouter.

Le jeune homme derrière moi avait vingt-deux ans à peine.

Peut-être moins.

La bande sur sa poitrine disait Caporal Laurent.

Maxime Laurent, si je me souviens bien.

Il avait les rangers propres, la nuque fraîchement dégagée, les manches parfaitement tirées, et cette façon de lever le menton qui n’est pas encore de la confiance, seulement de la peur déguisée en assurance.

Derrière lui, quatre autres jeunes fusiliers regardaient mon poste comme on regarde une faute.

L’un d’eux souriait déjà.

L’autre avait son téléphone à moitié sorti, pas vraiment pour filmer, mais assez pour que tout le monde voie qu’il pourrait le faire.

Le caporal a désigné mon fusil.

« Monsieur, le stand est réservé aujourd’hui. Qualification avancée. Vous ne pouvez pas amener ce truc ici. »

Ce truc.

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