La pompe à insuline a révélé ce que sa belle-mère cachait-nhu9999

Je suis entré dans l’infirmerie du lycée parce que ma glycémie était trop haute et que je voulais seulement qu’on vérifie ma pompe à insuline.

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Je pensais qu’on allait me donner une brique de jus, me demander si j’avais bien mangé, peut-être appeler mon père.

Je ne pensais pas qu’un petit écran gris allait faire tomber toute ma maison.

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L’infirmerie sentait le désinfectant froid, la menthe un peu rassis, et ce papier froissé qu’on tire sur la couchette avant de faire asseoir les élèves.

Le chauffage soufflait mal, la lumière des néons rendait tout plus pâle, et la carte de France punaisée au mur paraissait presque trop normale pour ce qui allait se passer.

Je venais pour un malaise.

Je suis ressorti avec une vérité que je n’avais jamais osé regarder en face.

Ce matin-là, en deuxième heure, j’étais en cours quand les premières sensations sont arrivées.

La bouche sèche.

La poitrine vide.

Les doigts lourds sur le stylo.

La salle avait l’air trop brillante, comme si chaque néon appuyait directement derrière mes yeux.

J’ai essayé de suivre ce que le professeur écrivait au tableau, mais les phrases se dédoublaient, puis revenaient, puis disparaissaient.

Sous la table, j’ai sorti discrètement mon lecteur et j’ai regardé ma glycémie.

Le chiffre était trop haut.

Pas un peu haut.

Le genre de chiffre qui fait que même avant d’avoir peur, on sait déjà que le corps travaille contre vous.

Et il continuait de monter.

J’ai levé la main.

Ma voix est sortie plus faible que prévu quand j’ai demandé à aller à l’infirmerie.

Dans le couloir, mes baskets couinaient sur le sol ciré, et chaque son me paraissait plus fort que le précédent.

Je me souviens d’avoir regardé les casiers, les affiches du foyer, les manteaux pendus devant une salle, et de m’être dit que tout le monde continuait sa matinée pendant que moi, j’avais l’impression de m’éloigner de mon propre corps.

Madame Simon était assise derrière son bureau quand je suis arrivé.

Elle était infirmière scolaire depuis assez longtemps pour reconnaître les faux maux de ventre, les vraies crises d’angoisse, les migraines silencieuses et les élèves qui prétendent aller bien parce qu’ils ont peur de déranger.

Elle a levé les yeux vers moi.

Son visage a changé immédiatement.

« Assieds-toi. Tout de suite. »

Je suis tombé sur la chaise près du bureau.

J’ai essayé d’ouvrir mon sac, mais mes doigts glissaient sur la fermeture éclair.

« Ma pompe », ai-je murmuré.

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