Il A Retrouvé Sa Fille Seule À L’Aéroport Après Le Départ Du Vol-nga9999

Julien Martin était dans le sous-sol de l’hôpital quand le téléphone a sonné.

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Il avait encore une clé anglaise dans la main, les doigts noircis par la chaudière, et le froid du béton lui remontait dans les manches.

Autour de lui, les tuyaux venaient enfin de cesser de cogner, mais l’odeur de métal humide et de désinfectant restait accrochée à l’air.

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Sur l’écran, le numéro était inconnu.

Indicatif de l’aéroport.

Il a répondu en pensant à un bagage, à un retard, à une question de Camille.

“Vous êtes bien Julien Martin ?”

“Oui.”

“Ici Sophie, du service accueil de l’aéroport. Je vous appelle au sujet de votre fille, Nora.”

La clé anglaise lui a échappé.

“Qu’est-ce qui s’est passé ? Elle est blessée ?”

“Non, monsieur. Elle n’est pas blessée. Mais elle est ici, à l’aéroport, toute seule.”

Toute seule.

Nora avait cinq ans.

Cinq ans, des cheveux bruns souvent mal attachés, un lapin en peluche serré contre elle comme un petit garde du corps, et cette façon de poser des questions qui donnait l’impression que le monde devait encore être doux.

Elle n’avait jamais vu l’océan.

Elle n’avait jamais pris l’avion.

Depuis la mort de sa mère, Julien construisait leur vie avec ce qu’il avait : un travail d’agent de maintenance, des horaires assez stables, une petite cuisine, un cahier d’école signé à temps, une baguette sous le papier le soir, et une histoire lue avant d’éteindre.

Dans leur petite ville de province, on restait souvent parce que partir coûtait trop cher.

Julien restait pour Nora.

Une semaine plus tôt, sa sœur aînée Camille l’avait appelé pendant qu’il préparait des pâtes au fromage.

“Tu as deux minutes ?”

“Nora va passer à table.”

“Ça ne prendra pas longtemps. Nicolas et moi, on emmène les enfants en Floride. Une semaine, plage, appartement, vacances de printemps.”

Julien avait répondu que c’était bien.

Puis Camille avait ajouté : “On s’est dit que Nora devrait venir.”

Il avait arrêté de remuer la casserole.

“Nora ?”

“Oui. Elle est de la famille. Elle doit faire partie de ces moments-là.”

Le mot famille avait toujours un drôle de goût dans la bouche de Camille.

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