Enceinte, elle a survécu à la chute que son mari avait préparée-nga9999

J’étais enceinte de neuf mois quand mon mari a décidé que 50 millions de dollars valaient plus que ma vie.

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Le froid me mordait le visage comme une lame fine, et la laine humide de mon manteau gardait cette odeur de neige sale et de peur que je n’ai jamais oubliée.

Nous étions au bord d’un belvédère gelé, dans un parc naturel de montagne, entourés de sapins blancs, de pierres noires et d’un silence si lourd que même le vent semblait attendre ce que Michel allait faire.

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Je lui avais demandé de me ramener au chalet.

Je lui avais dit que j’avais mal au dos, que le bébé bougeait bas, que je ne voulais plus marcher sur ce chemin glissant avec mes chaussures trempées.

Il m’avait répondu que je dramatisais toujours tout.

Michel Caron avait ce ton-là quand il voulait me faire taire, un ton calme, posé, presque élégant, qui donnait à ma fatigue l’air d’un caprice et à sa cruauté l’air d’une évidence.

Je n’ai pas crié au début.

J’ai simplement posé ma main sur mon ventre, par réflexe, comme je le faisais chaque fois que notre fils donnait un coup.

Je me souviens de la texture froide de ma bague contre ma peau.

Je me souviens aussi du bruit de son pas derrière moi.

Puis ses deux mains ont frappé mes épaules.

Le monde s’est ouvert sous mes pieds.

Je suis tombée en arrière, sans comprendre tout de suite que mon mari venait de me pousser dans le vide.

Mon cri s’est perdu dans le vent, et mes doigts ont cherché une racine, une branche, un rebord, n’importe quoi qui aurait pu me retenir à la vie.

Il n’y avait que de l’air glacé.

Pendant une seconde, j’ai vu Michel penché au-dessus de la falaise, son manteau sombre agité par la neige, son visage sans panique, sans regret, presque soulagé.

Il a souri.

Puis il a dit, d’une voix que le vent m’a tout de même apportée : « Ne t’inquiète pas. Toi et le bébé, vous ne souffrirez plus très longtemps. »

Ensuite, tout est devenu blanc.

Je n’ai pas heurté le fond.

Mon corps s’est écrasé contre une corniche étroite, à mi-hauteur de la falaise, avec une violence qui m’a coupé le souffle et arraché un son que je ne savais pas capable de produire.

La douleur est montée partout à la fois.

Mes côtes brûlaient comme si quelque chose s’était fendu sous ma peau.

Mon poignet droit était tordu dans un angle qui me donnait la nausée dès que je le regardais.

Une chaleur épaisse s’est mise à couler sous ma hanche avant de disparaître dans la neige.

Je n’ai pas pensé à moi.

Mes bras se sont refermés autour de mon ventre.

« Reste avec moi, mon cœur », ai-je murmuré.

Je l’ai répété encore et encore, jusqu’à ce que les mots deviennent de la buée, puis un souffle, puis presque rien.

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