À 35 000 pieds, le nom de code d’une lycéenne a glacé l’avion-nhu9999

Elle n’était qu’une fille assise au rang 9, jusqu’au moment où les deux pilotes sont tombés l’un après l’autre et où la radio l’a appelée par un nom que personne, dans cet avion, n’aurait dû connaître.

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La cabine sentait le café brûlé, le plastique chaud et l’air recyclé, avec cette pointe métallique qui donne toujours l’impression qu’on respire à travers une machine.

La lumière du matin glissait sur les hublots et blanchissait les tablettes rabattues, pendant que les réacteurs tenaient leur bruit grave et régulier.

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Clara Martin, seize ans, était assise en 9A.

Elle avait son sac coincé sous le siège, une veste simple sur les genoux, des écouteurs autour du cou et des baskets usées qui avaient trop traîné dans les couloirs de lycée.

Pour les passagers du vol 2847, elle n’était personne.

Une adolescente seule.

Une fille calme.

Une silhouette qu’on oublie avant même d’avoir fini de la regarder.

Personne ne savait qu’elle avait passé six ans dans le sous-sol de son grand-père, devant un simulateur bricolé puis amélioré pièce par pièce, à apprendre des panneaux Boeing pendant que d’autres enfants apprenaient à mentir à leurs parents pour rentrer plus tard.

Le colonel Jean Martin avait été de l’armée de l’air.

Même à la retraite, il gardait cette manière de ne jamais laisser le hasard traîner sur une table.

Ses chaussures étaient alignées près de la porte.

Ses clés avaient leur crochet.

Son café était toujours posé au même endroit, près de la console, sur un dessous de verre qui portait une trace brune ancienne.

Clara avait dix ans la première fois qu’il l’avait installée devant le simulateur.

Ses pieds touchaient à peine les palonniers et elle regardait les voyants comme on regarde une langue étrangère.

Jean Martin n’avait pas cherché à la rassurer avec des phrases douces.

Il lui avait montré les instruments, l’ordre des gestes, puis il avait créé une panne.

Clara avait paniqué.

Elle avait appuyé trop vite, tourné trop fort, regardé trop longtemps le mauvais cadran.

L’avion virtuel était tombé dans un écran noir.

Elle avait pleuré, vexée d’abord, puis vraiment effrayée par le sérieux dans les yeux de son grand-père.

Il avait attendu que sa respiration se calme.

Ensuite, il avait seulement dit : « On recommence, mais cette fois tu lis la check-list. »

C’était devenu leur été.

Puis leur rituel.

Chaque année, il la faisait venir quelques semaines.

Le matin, il achetait du pain, préparait deux cafés dont un presque au lait pour elle, puis ils descendaient dans le sous-sol où l’odeur de poussière, de métal et de vieux câbles chauffés s’accrochait aux murs.

Il lui faisait travailler des incendies moteur, des pannes hydrauliques, des remises de gaz, des approches manquées, des vents de travers, des descentes d’urgence.

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