Ils M’ont Abandonnée Malade. Mon Nom Brodé Les A Fait Blêmir-nga9999

À ma cérémonie de remise de diplôme, mes parents biologiques étaient assis dans la section réservée comme si leur présence avait toujours été évidente.

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Ma mère avait posé son sac sur ses genoux, le dos trop droit, les lèvres serrées dans ce sourire qu’elle utilisait autrefois devant les voisins.

Mon père regardait autour de lui comme un homme qui attendait qu’on reconnaisse sa place.

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Ils n’avaient pas payé mes traitements.

Ils n’avaient pas tenu ma main.

Ils n’étaient pas venus quand mes cheveux sont tombés sur l’oreiller de l’hôpital.

Pourtant, ce jour-là, dans le grand amphithéâtre, ils chuchotaient à ma sœur Manon que je leur devais au moins ce moment.

Je les ai vus depuis le côté de la scène, juste avant que la doyenne prenne le micro.

La lumière tombait sur les rangées de robes noires, sur les dossiers de sièges, sur les familles qui serraient des bouquets et des téléphones.

J’ai baissé les yeux vers ma blouse blanche.

Sur la poche, en fil bleu nuit, il y avait mon nom.

Docteure Émilie David.

Pas Moreau.

David.

Et je savais déjà que ce fil brodé allait faire plus mal à mes parents que n’importe quel discours.

J’avais treize ans quand j’ai compris que l’amour, chez certaines personnes, avait un prix maximum.

La chambre 314 sentait le désinfectant, le plastique tiède et les fleurs artificielles d’un diffuseur qui essayait de cacher la peur.

J’étais assise sur la table d’examen, les jambes dans le vide, en chemise d’hôpital, trop petite pour mon âge et trop lucide pour continuer à croire que tout irait bien parce que mes parents étaient là.

Le docteur Laurent avait une tablette dans les mains.

Il parlait avec précaution, en me regardant d’abord, comme si j’étais la seule personne dans la pièce qui méritait vraiment la vérité.

« C’est une leucémie aiguë lymphoblastique », a-t-il dit.

Ma mère, Karine, n’a pas bougé.

Elle était près de la fenêtre, son sac serré contre elle, les yeux fixés sur le mur.

Mon père, Thomas, gardait les bras croisés.

Ma sœur Manon, seize ans, tapotait son téléphone d’un pouce agacé.

Le médecin a expliqué que ce cancer était grave, mais qu’il se traitait souvent bien chez les enfants.

Il a parlé de chimiothérapie intensive, de protocole sur deux à trois ans, de surveillance, de fatigue, de risques d’infection.

Puis il a dit que mes chances de survie étaient autour de quatre-vingt-cinq à quatre-vingt-dix pour cent.

Pendant une seconde, j’ai respiré.

J’ai attendu que ma mère se lève, qu’elle vienne près de moi, qu’elle prenne cette main que je ne savais pas où poser.

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