Le Dossier Noir Que Sa Belle-Mère N’aurait Jamais Dû Voir-nga9999

Je suis rentrée de l’enterrement de mon mari avec la robe noire encore humide contre mes jambes et l’odeur froide des lys accrochée à mes cheveux.

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Dans la cage d’escalier, la minuterie bourdonnait au-dessus des boîtes aux lettres, et chaque marche jusqu’au troisième étage me donnait l’impression de porter mon corps comme un sac trop lourd.

J’avais mes escarpins dans une main, mes clés dans l’autre, et je ne demandais rien de plus que dix minutes de silence.

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Dix minutes sans condoléances.

Dix minutes sans main posée sur mon épaule.

Dix minutes sans entendre quelqu’un dire que Simon était enfin en paix, comme si cette phrase pouvait remplir la chaise vide à la table de la cuisine.

Quand j’ai ouvert la porte de notre appartement, je n’ai pas trouvé le silence.

J’ai trouvé Monique.

La mère de Simon se tenait dans la salle à manger, droite comme si elle présidait une réunion de famille, pendant que huit proches circulaient entre le couloir, la chambre et le bureau.

Les portes de placard étaient ouvertes.

Les chemises de Simon pendaient à moitié des cintres.

Une valise était posée sur notre banc d’entrée, une autre au pied de la table, et une troisième bloquait presque le passage vers la cuisine.

Sur le parquet, une pile de papiers avait glissé près d’un sac de boulangerie que j’avais acheté le matin sans réussir à manger quoi que ce soit.

Sur la table, entre deux bouquets de fleurs de l’enterrement, Monique avait posé des enveloppes, des clés et une feuille couverte de son écriture sèche.

Vêtements.

Ordinateur.

Documents.

Effets personnels.

Elle avait fait un inventaire.

Pas de ce que Simon avait aimé.

Pas de ce qu’il avait laissé comme souvenirs.

De ce qu’elle pensait pouvoir emporter.

« Cet appartement nous appartient maintenant », a-t-elle dit en me voyant, sans même avoir l’air surprise. « Tout ce que Simon possédait nous revient aussi. Tu dois partir. »

Pendant une seconde, je n’ai pas parlé.

Je regardais seulement la petite table de l’entrée où l’urne temporaire de Simon reposait encore, avec un ruban blanc et quelques cartes pliées.

Ils étaient passés autour.

Ils avaient tendu les bras au-dessus.

Ils avaient traité mon deuil comme un objet mal placé dans une pièce qu’ils comptaient vider.

Nicolas, un cousin de Simon, a fermé une valise avec un bruit net.

Il m’a adressé ce sourire prudent des gens qui veulent se convaincre qu’ils ne sont pas cruels, seulement pratiques.

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