Le matin du bal, sa petite sœur a coupé plus que des cheveux-nhu9999

Ma fille de huit ans a rasé la tête de sa sœur le matin du bal.

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J’allais la punir.

Puis elle a levé son petit magnétophone rose et a dit que Thomas avait promis de la droguer après la soirée.

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Le cri de Chloé m’a réveillée à 6 h 13, avant que le jour ait fini de passer au-dessus des toits de notre lotissement.

Dans la maison, il y avait cette odeur de café froid qui traînait dans la cuisine depuis la veille, mélangée au parfum de lavande du shampoing que les filles laissaient toujours ouvert dans la salle de bains.

Dehors, une portière a claqué dans la rue, ordinaire, presque impolie.

À l’étage, ma fille hurlait comme si quelque chose venait de lui être arraché.

J’ai couru sans chaussons, le parquet froid sous les pieds, et mon épaule a heurté le chambranle de sa chambre.

Chloé était assise droite dans son lit, les deux mains plaquées sur son crâne.

Sa robe du bal de promo pendait encore à la porte du placard, enfermée dans sa housse transparente.

Elle avait passé trois mois à parler de cette robe.

La couleur.

Les retouches.

Les photos devant la maison.

Le bracelet de fleurs.

Thomas qui viendrait la chercher.

Et cette histoire de reine du bal que tout le monde au lycée répétait comme si ça comptait vraiment, comme si une couronne en plastique pouvait protéger une jeune fille de ce qu’elle ne disait pas chez elle.

Mais ce matin-là, il n’y avait plus de cheveux sous ses mains.

Ses mèches blondes étaient sur l’oreiller, dans les draps, sur le sol, en petits tas mous contre les pieds du lit.

Pendant une seconde, mon cerveau a refusé de comprendre.

Puis Chloé a titubé jusqu’à la salle de bains.

Elle s’est vue dans le miroir blanc, cru, sans pitié.

Le cri qui est sorti d’elle m’a coupée en deux.

Mon mari, Julien, est arrivé derrière moi, le visage encore marqué par le sommeil.

Il a regardé Chloé, puis les cheveux, puis le couloir.

Sans un mot, il est allé vers la chambre de Manon.

Il l’a trouvée assise sur le bord de son lit, en pyjama licorne, les jambes pendantes, les mains posées à plat sur ses genoux.

Sur la table de nuit, il y avait son rasoir électrique.

Le petit visage de Manon était blanc.

Mais elle n’avait pas l’air désolée.

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