Il A Raccompagné La Femme De Son Patron, Puis Elle A Dit Cette Phrase-nhu9999

Je m’appelle Romain, j’ai 30 ans, et jusqu’à ce soir-là, je pensais qu’un service demandé au travail restait un service de travail.

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Dans notre entreprise, les journées commençaient toujours pareil, avec l’odeur du café tiède dans le couloir, les manteaux humides près du radiateur, et le claquement sec de la badgeuse à l’entrée.

On regardait le planning, on évitait les remarques du patron, on faisait ce qu’il fallait, puis on rentrait chez soi avec la fatigue ordinaire des gens qui n’ont pas le luxe de tout envoyer promener.

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Je vivais dans une petite ville où l’on reconnaît les visages avant de connaître les histoires.

Depuis huit ans, je travaillais dans la même boîte, un poste stable, pas passionnant, mais suffisant pour payer le loyer, l’électricité, l’assurance de la voiture, et les courses de fin de semaine.

Mon patron, Monsieur Henri Colin, n’était pas un homme facile.

Il ne criait pas souvent, parce qu’il n’en avait pas besoin.

Une phrase courte, un regard au-dessus de ses lunettes, une main posée sur un dossier, et toute la pièce comprenait qu’il valait mieux aller droit au but.

Ce jour-là, en fin d’après-midi, il m’a fait appeler dans son bureau.

J’ai encore en tête la lumière froide sur son écran, les blocs serrés de son agenda, et la pile de papiers retenue sous sa paume comme si quelqu’un allait lui voler son autorité.

— Romain, j’ai besoin que vous me rendiez un service.

Je suis resté près de la porte.

— Bien sûr, Monsieur Colin. Qu’est-ce qu’il vous faut ?

Il a levé les yeux une seconde.

— Ma femme, Claire, doit rentrer. Elle est passée au bureau, et j’ai des réunions qui s’enchaînent. Vous êtes disponible, vous la déposez chez nous, puis vous revenez.

Ce n’était pas vraiment une demande.

C’était une consigne.

Je n’avais aucune envie de me retrouver seul en voiture avec la femme de mon patron, mais je n’avais pas non plus les économies nécessaires pour transformer chaque malaise en principe.

— D’accord. Je la ramène.

Il a hoché la tête, déjà revenu à ses papiers.

— Ne perdez pas de temps.

Claire, je l’avais croisée plusieurs fois dans les couloirs.

Toujours polie, toujours discrète, les cheveux châtains attachés simplement, un manteau clair sur les épaules, et cette façon de sourire comme si elle ne voulait jamais occuper trop de place.

Elle était la femme de Monsieur Colin, donc personne ne la regardait vraiment comme une personne.

On la regardait comme une partie de son monde.

Quand elle est sortie du bâtiment, la pluie fine collait une mèche à sa tempe, et elle m’a paru différente.

Moins lointaine.

Plus fatiguée.

Elle s’est installée dans ma voiture et m’a remercié d’une voix douce.

— C’est normal, Madame Colin.

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