Elle lui prêtait sa piscine, jusqu’au message qui a tout changé-nga9999

La première chose que j’ai remarquée en entrant dans l’allée, ce n’était pas le portillon ouvert.

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C’était l’odeur.

Pas une odeur de fumée, ni de gaz, ni même de chlore comme après les après-midis d’été où les enfants sortaient de l’eau avec les yeux rouges et les cheveux collés au front.

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C’était humide, lourd, presque vaseux, comme le fond d’un bassin qu’on aurait vidé puis abandonné sous le soleil.

Le gravier craquait sous les pneus, les volets renvoyaient une lumière chaude de fin de journée, et j’ai coupé le moteur en gardant les deux mains sur le volant.

À côté de moi, Thomas faisait défiler les photos de nos cinq jours de camping en montagne.

Il souriait encore, perdu dans les images de tentes, de chemins caillouteux et de cafés avalés debout au petit matin.

« Regarde celle-là, Camille. Tu as l’air terrorisée sur le pont. »

Je n’ai pas répondu.

Mon regard était fixé sur le côté de la maison.

Le portillon du jardin pendait grand ouvert.

Nous l’avions fermé à clé avant de partir.

« Thomas. »

Il a levé les yeux, a suivi mon regard, et son sourire s’est effacé comme une lumière qu’on coupe.

Nous sommes descendus sans sortir les sacs du coffre.

Le gravier a crissé sous nos chaussures, et plus nous avancions le long de la façade, plus cette odeur de béton mouillé et de terre retournée devenait forte.

Thomas est arrivé le premier au portillon.

Puis il s’est arrêté si brutalement que j’ai failli lui rentrer dedans.

Notre piscine était vide.

Pas un peu basse.

Pas diminuée par la chaleur.

Vide jusqu’au fond.

Le liner bleu, d’habitude caché sous l’eau claire, était exposé au soleil comme une peau arrachée.

Des feuilles et des traces de boue s’étaient accumulées dans la partie profonde.

Deux transats étaient renversés sur la terrasse.

Un parasol était cassé près du mât, son tissu rayé traînant dans la terre d’un pot de fleurs éclaté.

Pendant quelques secondes, nous n’avons pas parlé.

Au loin, une tondeuse tournait.

Un chien aboyait derrière une clôture.

L’arrosage automatique d’un voisin faisait ce petit bruit sec et régulier qui m’a semblé, ce soir-là, presque cruel.

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