Quand Son Patron A Frappé À Minuit, Le Dossier RH A Tout Brisé-nhu9999

Julien Laurent n’avait jamais frappé à la porte de Camille Martin avant cette nuit-là.

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Au bureau, il n’avait pas besoin de frapper.

Il entrait, demandait un dossier, corrigeait une phrase, déplaçait une réunion, et tout le monde autour de lui se redressait comme si l’air venait de changer de température.

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Camille, elle, avait appris à ne pas se raidir.

Elle travaillait avec lui depuis presque deux ans comme assistante de direction, et elle savait que le moindre geste de panique lui donnait l’impression d’avoir gagné quelque chose.

Elle arrivait à l’heure.

Elle préparait les dossiers avant qu’il les demande.

Elle répondait aux mails impossibles avec cette politesse ferme que les gens confondent parfois avec de la docilité.

Julien appelait ça de l’efficacité.

Élodie, sa meilleure amie, appelait ça de la survie en talons plats.

Ce jeudi soir, Camille n’avait plus rien de l’assistante irréprochable que tout l’étage connaissait.

Elle portait un pyjama bleu pâle couvert de petits chats et de cœurs roses, un chignon mal tenu par un élastique fatigué, et ses lunettes glissaient sur son nez parce qu’elle s’était endormie devant une série qu’elle n’avait même pas suivie.

Dans son appartement, la pluie tapait doucement contre les vitres.

La lampe du salon dessinait une lumière chaude sur le parquet, et un sac de boulangerie plié restait sur une chaise avec les miettes du dîner.

À 23h52, la sonnette de l’immeuble a vibré d’un coup sec.

Camille a d’abord cru à une erreur.

Puis on a frappé à sa porte.

Pas un petit coup poli.

Un coup lourd, irrégulier, presque désespéré.

Elle a approché l’œil du judas, et son cœur a fait un mouvement étrange dans sa poitrine.

Julien Laurent était sur le palier.

Il était trempé de pluie, les cheveux défaits, la cravate dénouée, la chemise froissée, et ce visage d’habitude si contrôlé portait une fatigue presque indécente.

Camille a ouvert avant d’avoir décidé si c’était une bonne idée.

— Monsieur Laurent ?

Il a levé les yeux vers elle.

Ses yeux étaient rouges, brillants, et son parfum habituel était couvert par une odeur d’alcool cher.

— Je ne suis pas venu pour les rapports, Camille… je suis venu parce que j’ai besoin de vous.

Elle a regardé derrière lui, vers la cage d’escalier.

La minuterie bourdonnait encore.

Quelque part au-dessus, une porte s’est entrouverte, puis refermée trop doucement.

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