Ce Que Salomé Avait Caché Dans Sa Poupée A Sauvé Son Père-nhu9999

Le matin sentait le café brûlé et le désinfectant froid.

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Dans le couloir du centre pénitentiaire, les néons donnaient aux murs une couleur de peau malade, et chaque bruit semblait plus net que d’habitude.

Un trousseau de clés cognait contre la ceinture d’un surveillant.

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Quelqu’un toussait derrière une porte.

L’horloge murale indiquait six heures.

Julien Morel était déjà debout.

Il n’avait presque pas dormi, mais il avait cessé depuis longtemps de confondre fatigue et sommeil.

Depuis cinq ans, ses nuits étaient faites d’attente, de dossiers relus dans sa tête, de phrases qu’il aurait dû dire autrement, de souvenirs qui revenaient toujours au même endroit.

L’entrepôt.

La porte de service.

Le sang sur sa veste.

Le couteau de travail qu’on avait retrouvé trop facilement.

Et ce témoin qui avait levé la main, au tribunal, pour jurer l’avoir vu sortir cette nuit-là.

Tout avait tenu en quelques pièces de papier et en une voix sûre d’elle.

À 6 h 07, deux surveillants ont ouvert la cellule.

Le plus jeune avait les traits tirés et le regard fuyant.

Le plus âgé, lui, gardait cette dureté mécanique des hommes qui pensent qu’un règlement les dispense d’avoir une conscience.

Julien n’a pas demandé l’heure.

Il la connaissait.

Il n’a pas demandé si la procédure pouvait encore changer.

On lui avait appris, à force de refus, que les miracles ne se demandaient pas au guichet.

Il a seulement tourné la tête vers eux.

— Je veux voir ma fille.

Le jeune surveillant n’a pas répondu tout de suite.

Le vieux a soufflé par le nez.

— Ce n’est pas le moment.

Julien a posé ses mains à plat sur la petite table fixée au mur.

Ses doigts tremblaient, mais sa voix, elle, est restée basse.

— Elle s’appelle Salomé. Elle a huit ans. Je ne l’ai pas prise dans mes bras depuis trois ans.

Le plus âgé a refermé son carnet.

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